La radio des Petits Génies

Ecole fondamentale libre de Moustier s/S

La Radio des Petits Génies est une des toutes premières radios d'école. 

L'enseignant responsable du projet ayant quitté l'établissement en juin 2011 afin de rejoindre la FedEFoC puis Media Animation, le projet est malheureusement aujourdhui à l'arrêt.   
Cependant, de nombreux enregistrements subsistent...    
Progressivement, nous alimenterons ce site de sons qui illustreront le contenu des émissions réalisées au sein de l'école...

Petit historique

La naissance de la "Radio des Petits Génies" :
En 1992, les élèves de cinquième année découvrent que leur enseignant est également animateur sur une radio locale de la région namuroise (Radio Laser). Curieux de découvrir à quoi ressemblent des studios, ils décident de profiter de l'aubaine et s'en vont visiter le lieu où leur instituteur réalise son hobby.
Sur place, ils rencontrent une animatrice, assistent à une émission, découvrent le fonctionnement d'une radio et, enfin, sont invités à dire quelques mots sur antenne.

L'année suivante, les nouveaux arrivants de cinquième primaire décident de faire mieux que leurs prédécesseurs. Non seulement, ils expriment le souhait de visiter les studios de la radio, mais, en plus, ils projettent d'y présenter une émission en direct.
Aussitôt dit, aussitôt fait. Le premier avril 1994, ils prennent la parole sur le 105.3 FM à Namur afin de présenter leur propre émission. Celle-ci, entièrement préparée par leurs soins, proposait aux auditeurs un ensemble de poésies sur la pollution, des informations et des "fausses" publicités.

Au début de l'année scolaire suivante, conscient des richesses pédagogiques que présentent la préparation et la présentation d'une émission radio, Marc André (l'instituteur) suggère à ses élèves de renouveler l'expérience.

Pas besoin de le dire deux fois... La proposition est acceptée à l'unanimité.

Les souhaits des enfants iront même plus loin. Au lieu de se limiter à présenter une seule émission, ils décident de réaliser un journal qui sera diffusé tous les dimanches sur la bande F.M. sous le nom de "potins de la semaine".

Une émission en direct sur place fut également réalisée à l'occasion de sa 25ème édition.
Ce projet (qui permettait l'approche d'un nombre considérable de notions) remporta un vif succès auprès de tous.
Le travail des enfants fut même récompensé par la visite de la télévision locale et la diffusion d'un reportage sur "les potins de la semaine" dans ses informations.
Trois journaux publièrent également un article sur ceux-ci.

Le projet étant assez novateur, il fut présenté au Prix de l'Innovation Pédagogique 1995 où il remporta une nomination.

Il existait cependant une petite ombre au tableau : il était très difficile de capter "Radio Laser" dans le village et la collaboration avec une autre station (plus proche) fut vite interrompue (cette dernière exigeant un travail trop professionnel de la part des enfants et n'hésitant pas à retravailler les séquences à l'ordinateur afin de les rendre "plus belles").

Suite au réel succès de ce projet, l'idée d'un grand saut sur une fréquence modulée propre à l'école apparut. Grâce à elle, le travail des enfants serait mieux reçu dans le village et donc encore plus motivant et valorisant.

 Avant tout, parce que la radio allait nécessiter un certain investissement financier, il fallait qu'elle soit au service de toutes les classes (tant primaires que maternelles).
Sans l'avis favorable de tous les enseignants, aucune démarche n'aurait été entreprise.
Suggérée au sein du corps professoral dans le courant du mois de mai 1995, l'idée, immédiatement acceptée, a rapidement fait son chemin.

Après avoir rassemblé le matériel nécessaire et difficilement trouvé l'émetteur, la radio pouvait voir le jour le 12 janvier 1996.

L'octroi de la première fréquence officielle dédiée à une radio d'école

A) Le chemin de la légalité
Le chemin qui allait permettre à la "radio des Petits Génies" de voler légalement de ses propres ailes ne fut pas de tout repos. Nombreuses furent les embûches qui se présentèrent. Sans une motivation importante de tous les acteurs du projet et sans le soutien aveugle de la direction de l'école, le projet aurait certainement été contraint à disparaître.
Pour mieux comprendre les propos tenus ci-avant, reprenons brièvement les faits depuis le début.
Le vendredi 12 janvier 1996, l'émission d'inauguration fut réalisée en présence d'un journaliste du quotidien "Vers l'Avenir".
Ce dernier jugea le projet fort intéressant et rédigea un article qu'il publia le lundi 15 janvier sur une demi-page et dont le titre fit la une du quotidien.
Deux jours après sa parution, l'école fut contactée par un représentant du Cabinet ministériel de la Communauté française chargé de l'enseignement et de l'audiovisuel.
Par téléphone, ce dernier félicita l'initiative (d'un point de vue pédagogique) mais rappela que l'utilisation d'une fréquence F.M. nécessite une autorisation officielle pour laquelle il est nécessaire d'introduire une demande auprès des services concernés. Il nous informa également que la position de "la Radio des Petits Génies" sur la bande était susceptible de gêner une radio locale qui devait s'installer les jours suivants sur le même point.
Rapidement, la crainte de devoir interrompre définitivement le projet se fit ressentir.
En effet, animateur et membre du comité d'une radio locale, Marc André (l'instituteur responsable de la mise sur pied du projet) était conscient de la lourdeur des frais occasionnés par une reconnaissance légale. Face à toutes les charges qui allaient se présenter, il était évident que même avec une réponse favorable, il aurait été impossible de poursuivre le projet.
Suite à cet entretien, l'école prit la décision de contacter la presse afin de lui expliquer la situation et de solliciter son soutien. L'objectif poursuivi n'était bien entendu pas de lancer la polémique mais simplement d'exprimer le désarroi de l'établissement scolaire.
Le lendemain, la télévision locale ("Canal C") et un journaliste de Radio Nostalgie rendirent visite au studio des Petits Génies. Par la suite, dans leurs bulletins d'informations régionales, ces derniers relatèrent la crainte de voir disparaître un projet pédagogique jugé pourtant très enrichissant pour les élèves.
Très rapidement, un second appel téléphonique émana du Cabinet ministériel. Par celui-ci, les responsables de l'école apprirent que le projet y était fortement apprécié et que tout allait être mis en œuvre afin de permettre de le poursuivre sous le couvert d'une dérogation.
Dans les jours qui suivirent, l'école fut amenée à réunir un ensemble de données (géographiques et topographiques) et à introduire une demande officielle d'octroi de fréquence. Cette dernière fut attribuée verbalement dans la semaine qui suivit notre requête.
Cette démarche (associée à celle d'une autre école) fit tache d'encre. En effet, suite à celle-ci, une réunion regroupant les établissements possédant déjà une radio au sein de leurs murs fut organisée dans les locaux de "Média Animation".
D'un commun accord, une requête fut introduite afin d'obtenir un décret autorisant (sous le couvert de certaines dérogations) l'octroi d'une fréquence aux écoles qui le souhaitent.
Ce souhait fut rapidement entendu puisqu'un avis ministériel envoyé dans toutes les écoles (en juin 1996) envisageait la création d'une nouvelle catégorie de radios privées sous l'appellation de "radio d'école".
Le 17 juillet 1997, le Gouvernement de la Communauté française a adopté le décret concernant le Conseil supérieur de l’audiovisuel et concernant les services privés de la radiodiffusion sonore. Pour la première fois, comme il l’avait été annoncé dans la circulaire du 14 juin 1996, les radios d’école y étaient officiellement reconnues et pouvaient donc voir l’avenir d’un bon œil.

B) Un décret permettant aux radios d'école d'exister
Les premières radios d'école à se lancer sur les ondes furent véritablement le fruit d'enseignants et de directions motivés, courageux et téméraires. Il est vrai que, même si d'un intérêt pédagogique reconnu par tous, leur existence était tout à fait illégale.
A l'époque, la seule possibilité qu'avait un établissement de créer une radio d'école reconnue était d'introduire une demande d'octroi de fréquence telle que devaient le faire les radios indépendantes. Bien entendu, il aurait été extrêmement difficile (voire impossible) d'assumer les contraintes (tant administratives que pécuniaires) occasionnées par cette démarche.
Pour remédier à cette situation et face à la création d'un nombre grandissant de radios d'école, un décret adopté le 17 juillet 1997 par le Gouvernement de la Communauté française allait clarifier les choses.
Par lui, la catégorie "Radio d'école" voyait officiellement le jour.
Les établissements, qui jusque-là pirataient les ondes et diffusaient "anarchiquement" leurs émissions sur la fréquence modulée, pouvaient dès lors, s'ils en avaient fait la demande et reçu l'autorisation, fonctionner légalement sous le couvert de certaines dérogations.
Naturellement, les contraintes relatives à la diffusion des émissions sur la bande FM sont très strictes : la puissance apparente rayonnée est limitée à 10 watts;  la hauteur de l'antenne ne peut dépasser 15 mètres;  la durée des émissions ne peut excéder   8 heures par jour;et les radios d'école ne peuvent avoir recours aux messages à caractère publicitaire.
De plus, les établissements d'enseignement ne peuvent être autorisés à organiser une radio d'école que dans la mesure où les émissions n'entraînent aucune perturbation pour d'autres radios.
L'autorisation est attribuée pour une période de deux années scolaires au plus prenant cours à la première rentrée scolaire qui suit l'attribution de l'autorisation. Elle est renouvelable au profit du même titulaire.
Afin de permettre aux établissements de pouvoir fonctionner correctement (et parce que l'argent y fait cruellement défaut...), les radios d'écoles sont exemptées du payement de la redevance annuelle.

C) La nécessité d'une véritable éducation aux médias
Peu de temps après l'adoption du décret, la Communauté française a invité les écoles qui le souhaitaient à réintroduire une demande d'octroi de fréquence. Cette dernière, contrairement à la précédente, devait être accompagnée d'un dossier pédagogique propre au projet. C’était sur le contenu de ce dernier que serait accordée une fréquence.
Par la suite, lors d'une réunion regroupant tous les responsables d'école (juin 2000), l'accent a à nouveau été mis sur ce point.
Il est vrai que faire de la radio dans son école ce n'est pas simplement faire du média.  Cela doit surtout être un moyen d'apprendre par les médias et sur les médias.

Le déroulement de l'activité: 

Cette présentation a été publiée sur le site de la "Radio des Petits Génies".

A) La méthodologie générale adoptée.

La méthodologie adoptée lors de la mise sur pied et la construction du projet a pour principaux objectifs de :

  • viser au développement de tout l'enfant et de tous les enfants à travers un projet pédagogique voulu et apprécié.
  • être en relation avec le programme intégré établi par le Conseil Central de l'Enseignement Fondamental Catholique.
  • considérer l'enfant comme auto-socio-constructeur de son savoir, de son savoir-être, de son savoir-faire et de son savoir-devenir.
  • faire confiance à l'enfant en lui proposant une pédagogie fonctionnelle, participative, différenciée et constructive.
  • favoriser l'intégration de l'enfant dans le monde où il vit.
  • permettre à l'enfant de vivre en communauté, d'apprendre aux autres et par les autres.
  • rendre l'enfant heureux et responsable.
  • ...

 B) Un travail de plus en plus organisé.

Progressivement, afin de remédier aux problèmes rencontrés lors de la préparation ou la réalisation des émissions, les élèves imaginent des procédés qui leur permettent de mieux s'organiser et de travailler de manière plus autonome.

Pour ce faire, au début de la seconde année, il a (par exemple) été imaginé de réaliser un tableau reprenant toutes les dates des émissions. Cela, afin de s'iotganiser à plus long terme et d'avoir une vision claire des sujets traités dans les différentes classes.

Entre autre, il a également été décidé de ne plus se réunir le lundi pour la répartition des tâches et l'élaboration du programme mais bien le vendredi (de manière à avoir plus de temps dans la préparation des différentes séquences).

Dans le courant de la troisième année, un tableau des tâches a vu le jour. Celui-ci, affiché dans les classes et dans le studio, expliquait clairement le rôle de chacun.

L'année suivante, il est apparu qu'il était plus profitable (et plus rentable, pédagogiquement parlant) de ne réaliser une émission qu'un jeudi sur deux. Une nouvelle organisation a donc été conçue en fonction de cela.

Il est important de signaler que, dans chaque cycle, les enseignants veillent à ce que le travail de préparation et la présentation des émissions soient réalisés de la manière la plus autonome possible de la part des enfants.

 

C) Le contenu de la programmation.

Les élèves du cycle 10/12 ont pour mission de construire la grille horaire de l'émission.

Pour ce faire, deux d'entre eux se rendent dans les différentes classes afin de leur demander si elles projettent de présenter une séquence. Lorsque c'est le cas, ils se renseignent également sur le contenu et la durée approximative des séquences envisagées.

 

D) La construction de la grille horaire.

Deux enfants ont pour rôle de réaliser la grille horaire de la prochaine émission.

Ils regroupent toutes les séquences préparées dans les classes et les organisent de manière à obtenir une programmation variée et attrayante. Ainsi, par exemple, ils veillent à ne pas enchaîner deux gros dossiers ou à aérer l'émission par quelques disques en rapport avec le contenu des sujets traités.

Ce sont également eux qui doivent veiller à ce que les 60 minutes soient comblées et que l'émission ne déborde pas. Pour s'en assurer, la durée de chaque séquence est estimée.

Ainsi, en additionnant tous les temps obtenus, il leur est simple d'apprécier la qualité de leur travail.

Signalons que, par mesure de facilité, chaque durée est estimée en minutes (on ne tient pas compte des secondes).  Il a également été convenu que le temps moyen de chaque disque est de quatre minutes.

Enfin, il arrive parfois que les enfants se voient obligés de reporter l'une ou l'autre séquence à une semaine ultérieure. Dans ce cas, ils ne manquent pas de consulter les classes ou les élèves concernés.

 

E) L'habillage de l'émission.

Lors de chaque programmation, il est indispensable "d'habiller" l'émission de manière à la rendre plus agréable.

Cette tâche est confiée aux élèves du cycle 10/12.

A tour de rôle, les enfants rédigent les petits textes nécessaires à la confection d'une véritable émission radiophonique (le bonjour, le sommaire, la présentation des différentes séquences, l'au revoir,...).

Des jingles vocaux et sonores entièrement imaginés par les enfants sont également prévus afin de rappeler le nom de la station.

Lorsqu'une émission est axée sur un thème, les petites classes sont invitées à illustrer les interventions par des petits chants connus portant sur le sujet traité.

Enfin, chaque semaine, deux enfants sont nommés responsables du choix des disques. Ils veillent à trouver des titres en rapport avec le contenu des séquences proposées à l'antenne.

 

F) Le choix des intervenants pendant l'émission.

Le vendredi qui suit une émission, les élèves du cycle 10/12 se réunissent afin de prendre connaissance des différentes séquences préparées dans les autres classes, de faire le point sur ce qu'ils comptent proposer, et de répartir les tâches de chacun (rédaction des textes, technique de l'émission, choix des disques, ....).

Le lundi, des ateliers sont prévus.  Durant ceux-ci, les enfants qui le doivent rédigent leur texte.

Après l'avoir fait corrigé (et retravaillé, si nécessaire), ceux qui ont rédigé un article le tapent sur l'un des ordinateurs présents dans le local informatique (afin de toujours garder une trace des productions et de bénéficier d'un support propre lors de la lecture des textes à l'antenne).

En règle générale, c'est celui qui a préparé le texte qui le lit mais il arrive qu'un autre enfant soit désigné (de manière à ce que tout le monde participe régulièrement à la présentation des émissions à la Radio des Petits Génies).

 

G) Les techniciens.

Les enfants du cycle 10/12 se succèdent d’émission en émission à la technique. Trois élèves assurent ce poste (sans explication ni aide d'un adulte).

L'un d'entre eux (qui a déjà participé à la technique lors de l'émission précédente) est présent de manière à superviser tout ce qui se passe. C'est lui qui explique le maniement des appareils à ses deux camarades et c'est également lui qui va chercher les enfants dans les classes lorsque c'est nécessaire.

Les deux autres se chargent de diffuser les cassettes et C.D., de brancher les micros lorsque c'est nécessaire, de mixer tout ce qui doit l'être, et de faire régner l'ordre dans le studio pendant les interventions.

Le travail des techniciens se fait de manière autonome, sans l'intervention d'un adulte. Les enseignants n'apportent jamais la moindre information relative au fonctionnement des appareils. Les enfants s'apprennent l'un l'autre, dans un véritable esprit d'auto-socio-construction du savoir.  Ceux qui savent expliquent aux autres...

 

H) Des séquences en direct ou enregistrées ...

En début d'année, les séquences proposées par les classes des plus jeunes sont toujours enregistrées sur cassette.

Les autres (dès la deuxième année) réalisent essentiellement leurs interventions en direct.

Les émissions, quant à elles, sont toujours réalisées en direct (sauf circonstances exceptionnelles).

 

I) Une émission toutes les deux semaines

La réalisation d’une émission toutes les semaines était très difficile à gérer. Il n’était en effet pas simple de toujours être prêt dans les temps. De plus, pour l’enseignant, une cadence aussi soutenue ne lui permettait pas d’optimaliser l’aspect fonctionnel des notions rencontrées par la rédaction des sujets.

Aussi, au début de la troisième année, il a été décidé de modifier la fréquence des émissions. Celles-ci ne sont plus réalisées qu'un jeudi sur deux.

Concrètement, la préparation est organisées en quatre étapes :

  • Le vendredi qui suit l'émission, les enfants se réunissent afin de faire le point sur ce qu'ils viennent de faire.  Ils décident également des sujets de la prochaine émission et ils se répartissent les tâches.
  • Le lundi, en ateliers, les enfants rédigent leur texte puis les font corriger.  Quand c'est nécessaire, ils les retravaillent.
  • Dès qu'un texte est terminé, son auteur le tape à l'ordinateur
  • Le mardi qui précède l'émission, les textes sont imprimés puis distribués.   Un rapide état des lieux permet de vérifier si tout est en ordre (textes, habillages de l'émission, séquences enregistrées dans les classes,...).
Médias: 
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